Pourquoi ferrer un cheval: tout ce que vous devez savoir

Le ferrage fait partie intégrante de l’univers équestre depuis des siècles. Pourtant, il suscite aujourd’hui de nombreuses questions, notamment avec le développement du cheval pieds nus et des pratiques plus naturelles. Alors, pourquoi ferrer un cheval? Est-ce vraiment indispensable ou simplement une habitude? La réponse n’est ni simple ni universelle: le ferrage répond avant tout à des besoins précis liés au travail, à l’environnement et à la santé du cheval.

Cet article vous aide à comprendre à quoi sert le ferrage, dans quels cas il est utile et comment savoir s’il est nécessaire pour votre cheval.

Pourquoi ferrer un cheval: les raisons essentielles

Comme l’explique bien le site Entre Cavaliers, ferrer un cheval n’est jamais un geste anodin. Il s’agit d’une décision qui doit être prise en fonction des contraintes auxquelles le cheval est soumis. Trois grandes raisons expliquent pourquoi on choisit de ferrer un cheval.

Protéger le sabot de l’usure

Le sabot du cheval pousse en continu, mais il s’use également de façon naturelle. Dans un environnement sauvage ou peu contraignant, cet équilibre entre pousse et usure suffit à maintenir un pied fonctionnel. En revanche, chez les chevaux domestiques, cet équilibre est souvent rompu.

Un cheval qui travaille régulièrement, notamment sur des sols durs ou abrasifs (routes, chemins caillouteux, sols stabilisés), peut user ses sabots plus vite qu’ils ne repoussent. Cette usure excessive rend le pied sensible, voire douloureux, et peut provoquer des boiteries. Ferrer un cheval permet alors de protéger le sabot en interposant une ferrure entre le pied et le sol.

Le ferrage joue donc un rôle de «semelle protectrice». Il limite l’usure directe de la corne et permet au cheval de travailler sans inconfort, tout en conservant une bonne fonctionnalité du pied.

Améliorer l’adhérence et les performances

Une autre raison majeure pour ferrer un cheval est d’améliorer son adhérence au sol. Certains terrains deviennent glissants ou instables, en particulier l’herbe humide, les sols gelés ou les routes goudronnées. Sans protection adaptée, le cheval peut perdre en stabilité, ce qui augmente le risque de chute ou de blessure.

Les fers peuvent être adaptés pour offrir une meilleure accroche, par exemple avec des pinçons, des crampons ou des fers spécifiques selon la discipline pratiquée. En équitation sportive (saut d’obstacles, concours complet, attelage, endurance), cette accroche supplémentaire est souvent indispensable pour assurer la sécurité du cheval et du cavalier.

Le ferrage contribue également à la régularité des allures et au confort locomoteur, ce qui peut avoir un impact direct sur les performances, notamment chez les chevaux soumis à un travail intense ou répétitif.

Corriger, compenser et soulager

Le ferrage ne sert pas uniquement à protéger ou à accrocher. Il peut aussi avoir un rôle correctif ou thérapeutique. Certains chevaux présentent des défauts d’aplombs, des déséquilibres du pied ou des particularités morphologiques qui influencent leur locomotion.

Dans ces cas, le maréchal-ferrant peut adapter la ferrure afin de corriger ou de compenser ces défauts. On parle alors de ferrage orthopédique. L’objectif n’est pas de «transformer» le pied, mais d’améliorer l’orientation des forces, de soulager certaines zones et de prévenir l’apparition de pathologies.

Le ferrage est également utilisé pour accompagner des chevaux souffrant de problèmes comme la fourbure, les seimes, le syndrome naviculaire ou certaines douleurs articulaires. Réalisé en collaboration avec un vétérinaire, le ferrage thérapeutique peut considérablement améliorer le confort et la qualité de vie du cheval.

Faut-il ferrer tous les chevaux?

Même si le ferrage présente de nombreux avantages, il ne s’impose pas systématiquement à tous les chevaux. Chaque situation doit être analysée individuellement.

Les bénéfices du ferrage

Ferrer un cheval offre une protection efficace contre l’usure excessive, un meilleur confort au travail et une adaptation aux contraintes spécifiques de certaines disciplines. Pour les chevaux de sport, de loisir intensif ou de traction, le ferrage est souvent un véritable outil de prévention des blessures.

Il permet aussi de maintenir une régularité dans le travail, en évitant les périodes d’inconfort liées à la sensibilité des pieds. Bien réalisé et bien entretenu, le ferrage contribue à la longévité sportive du cheval.

Les limites et inconvénients du ferrage

Le ferrage implique toutefois certaines contraintes. Il représente un coût financier régulier et nécessite un suivi strict, généralement toutes les six à huit semaines. Un ferrage mal adapté ou mal entretenu peut entraîner des déséquilibres du pied, des pertes de fers ou des blessures.

De plus, certains chevaux peuvent devenir dépendants du ferrage si leurs pieds ne sont plus sollicités naturellement. Cela ne signifie pas que le ferrage est nocif, mais qu’il doit être utilisé à bon escient et réévalué régulièrement.

Les alternatives au ferrage

De plus en plus de propriétaires choisissent de laisser leurs chevaux pieds nus, notamment lorsque les conditions s’y prêtent. Un cheval vivant au pré, travaillant peu et évoluant sur des sols adaptés peut parfaitement se passer de fers.

Les chaussures pour chevaux – aussi appelées hipposandales – constituent une alternative intéressante pour les chevaux pieds nus ayant besoin d’une protection ponctuelle lors des sorties. Elles offrent une protection amovible, sans imposer un ferrage permanent.

Ces alternatives nécessitent toutefois une transition progressive, un parage de qualité et une attention particulière à l’environnement du cheval.

Comment savoir si ferrer un cheval est nécessaire?

La décision de ferrer un cheval doit toujours reposer sur une observation attentive et des critères objectifs.

Les critères à prendre en compte

Plusieurs éléments influencent le besoin de ferrage: le mode de vie du cheval (pré, box, paddock), la fréquence et l’intensité du travail, le type de sol sur lequel il évolue et la qualité naturelle de sa corne.

Un cheval de loisir monté occasionnellement sur sol souple n’aura pas les mêmes besoins qu’un cheval de sport travaillant plusieurs fois par semaine sur des terrains variés.

Les signes qui peuvent indiquer un besoin de ferrage

Certains signes doivent alerter: sensibilité ou hésitation sur sol dur, usure excessive du sabot, changements d’allure, boiteries légères ou inconfort visible après le travail. Ces signaux indiquent que le pied n’est plus suffisamment protégé.

Dans ces situations, ferrer un cheval peut apporter un réel soulagement et prévenir des problèmes plus graves.

Le rôle du maréchal-ferrant et du vétérinaire

Le maréchal-ferrant est l’interlocuteur clé pour évaluer l’état des pieds et proposer une solution adaptée. Son regard professionnel permet de déterminer si un ferrage, un parage spécifique ou une alternative est préférable.

En cas de pathologie ou de boiterie, l’avis du vétérinaire est indispensable. Le ferrage doit alors s’inscrire dans une démarche globale de soin et de suivi.

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Alors, pourquoi ferrer un cheval? Parce que ses conditions de vie et de travail ne sont pas toujours compatibles avec une usure naturelle du sabot. Le ferrage est un outil précieux pour protéger, sécuriser et accompagner le cheval dans son activité. Il n’est toutefois ni automatique ni définitif. Chaque cheval est unique, et la meilleure décision reste celle qui prend en compte ses besoins spécifiques, son confort et son bien-être sur le long terme.